J'écoute : K Je regarde : la vue somptueuse de ma nouvelle terrasse (vous croyez que c'est un garçon ?) Je lis : lemonde.fr Je joue : avec les touches de mon clavier Je mange : des kiwis Je bois : du litchao Je cite : avec bêtise ce que mes 3, 4 contacts préférés ici disent avec intelligence Je pense : à demain Je rêve : d'un monde meilleur (mis à jour vendredi 16 mai 2008 à 00:47)
ça arrive parfois, une de ces chansons qu'on entend à la radio et qui vous parle, sans en comprendre le sens... traduction en français assez space mais j'adore l'ambiance... Puissiez vous aussi avoir le même plaisir à l'écouter !
Extrait de la revue "Sciences et Avenir" de novembre 2007 que je vous conseille fortement
Article de Boris Cyrulnik (Neuropsychiatre, éthologue, directeur d'enseignement à l'université de Toulon)
Dans la vie, il a 2 moments différents où l'amour rend intelligent. D'abord, quand nous sommes bébé, avant la parole, ensuite à l'âge du sexe. Au début, s'il n'y a pas autour de nous une enveloppe affective (quelqu'un qui nous touche, parle, toilette, gronde, caresse...), notre cerveau s'atrophie et tous nos développements biologiques et psychologiques s'arrêtent. Les technologies de neuro-imagerie moderne permettent même de mesurer la fonte cérébrale que provoque l'isolement sensoriel et la carence affective. Il se produit une atrophie des lobes préfrontaux qui empêche, altère ou même supprime le socle neurologique qui permet en particulier l'anticipation. Une autre zone appelée système limbique s'atrophie aussi, qui se trouve être le support neuronal de la mémoire et des émotions.
En 1985, j'ai été invité en Roumanie à rencontrer des enfants abandonnés sous Ceaucescu, tout le monde me disait qu'il s'agissait d'encéphalopathes ou d'autistes. Comme j'avais une formation éthologique, je savais qu'une altération sensorielle pouvait provoquer une atrophie de la zone correspondante du cerveau. Tous les scanners alors effectués par Hervé Allain (qui dirigeait le laboratoire de pharmacologie expérimentale et clinique de Rennes-I) ont montré des atrophies fronto-limbiques. Un enfant en carence affective ne peut donc ni anticiper ni utiliser sa mémoire puisque son socle neurologique n'a pas été stimulé. Ces enfants roumains ne pouvaient pas faire de phrases, ne pouvaient pas penser, ne pouvaient même pas se représenter le temps... Avant la parole, la nourriture affective est un stimulant cérébral des socles qui permettent la représentation du temps - c'est à dire les récits -, les mathématiques, la géométrie...
Le 2nd moment, c'est quand on arrive à l'âge de l'appétence sexuelle. Là, on apprend à aimer d'une nouvelle façon, intense, qui oblige à quitter la 1ère manière d'aimer (maman, papa...). L'amour du sexe nous force à tenter l'aventure de de l'exploration d'un autre. Nous sommes obligés d'acquérir l'intelligence d'un autre monde, de développer notre empathie. Or, quand je suis amoureux(se), que se passe t'il sur le plan biologique ? Eveillé(e), je ne pense qu'à lui (elle). Et quand je dors, la longueur des phases de mon sommeil paradoxal augmente de 30%. Il se trouve que c'est lors de ces phases que les processus de mémoire sont les mieux incorporés. Autrement dit, quand je suis amoureux de lui (d'elle), le socle biologique de ma mémoire est augmenté de 30% - je peux donc "l'apprendre par coeur".
De surcroît, le fait d'être amoureux - d'une femme, d'un homme, d'un autre pays, d'une autre culture, d'une autre langue, d'un livre, m'invite à l'exploration. Il faut que j'apprenne cette autre langue, cette autre culture, ce monde mental de l'homme (de la femme) dont je rêve... Biologiquement, je me prépare ainsi à apprendre ; psychologiquement, aussi. Socialement, on voit que certaines sociétés encouragent, ce mode d'exploration quand d'autres, au contraire, le découragent.
Et même au très grand âge - aux 120 ans d'existence auxquels nous avons droit ! - aimer reste un stimulant essentiel et notre cerveau et de notre monde psychologique intime ! Même si la manière d'aimer, encore une fois à changé. Donc, oui, l'amour rend intelligent à tous les stades du développement.
En référence au dernier article de Zephir sur son blog, je me rends compte que moi aussi, je fais partie de ces gens qui jouent parfois ici. Désolé d'avoir pu blesser certains. Il semble si simple de mettre un commentaire plein d'humour, pas toujours approprié : ce qui peut être lourd. Sorry...